13/06/2006

Corrections Philo

Introduction : Les romains qui jugeaient barbares le reste du monde, les occidentaux modernes qui traitaient les autres peuples du monde de sauvages, les musulmans qui traitaient les chrétiens d’infidèles, et réciproquement, les sociétés ont eu tendance à se juger les unes les autres au cours de l’histoire. Un tel jugement est-il fondé ? « A-t-on le droit de juger les cultures qui sont différentes de la nôtre ? » Nous nous interrogerons tout d’abord sur la question des critères, puis sur le statut de la barbarie, avant que de nous demander si faute d’avoir un sens et une valeur morale, le jugement de supériorité ne servirait pas d’alibi à l’asservissement d’autres peuples.

1/ Où pourrions nous prendre des critères pour comparer deux civilisations, sinon que dans la nôtre ? Si un tel point de vue universel de jugement  est impossible à trouver, cela veut dire que le jugement est impossible.
- où prendre les critères, sinon que dans notre propre civilisation. Mais ces critères sont-il recevable universellement ?
o exemple : le progrès de la techno science : y a t-il lieu de comparer notre civilisation, où se critère est pertinent à celle de peuples qui vivent encore, du point de vue technique, comme vivaient les peuples du néolithique ? Le seul aventage de ce critère c’est qu’il est facilement quantifiable, ce qui ferait de notre civilisation le champion du progrès. Est-ce à dire que les hommes sont plus heureux chez nous ?
o exemple : le bonheur des peuples : et si nous trouvions un autre critère, par exemple le bonheur des peuples pour juger de la bonté d’une civilisation ? Serai-il plus pertinent ?
§ on nous objectera qu’un tel critère est qualitatif, et donc difficilement mesurable
§ pourtant on pourrait se servir de quelques éléments comme par exemple le taux de suicide sans la population pour juger
§ il ne faudrait d’ailleurs pas confondre « confort matériel » et « bonheur des peuples ». On voit bien que « le meilleur des mondes » (A. Huxley) peut aussi bien être un enfer.
- Un essai de critère universel : les droits de l’homme. Un principe transcendant pourrait bien servir à porter ce jugement . Les « droits de l’homme » (1948) nous en donnent un exemple. Mais si nous en dénonçons les manquement dans d’ autres peuples, ne devons nous pas le faire aussi chez nous ?
o On peut certes dénoncer telle ou telle exploitation chez les autres, par exemple la condition de la femme chez les talibans
o Mais on pourrait nous rétorquer celle des vieillards chez nous, où nous avons assisté pendant l’été 2003 à des milliers de morts chez les personnes agées, dans l’indifférence totale du monde de bronzés civilisés que nous sommes.
A Il est impossible de trouver un critère universel de jugement, et, en trouverions nous un nous ne pourrions peut-être pas nous en servir pour porter le jugement : notre propre civilisation souscrit-elle totalement à l’idéal des droits de l’homme ?

2/ La barbarie :
- le « barbare, c’est celui qui ne reconnaît pas l’humanité de l’autre » : la double cécité, de Ch. Colomb et des Cheyennes
o Ch. Colomb, dans son journal de bord, atteste qu’il ne voit pas les indigènes des Caraïbes et leur culture, il ne les pense que comme les négatifs des espagnols.
o Cheyenne, en langue cheyenne signifie « êtres humains » s’autoproclamer tribu des êtres humains n’est-ce pas du même coup exclure les autres du champ de l’humanité ?
- Si on est « toujours le barbare de quelqu’un » on doit aussi affirmer que « aucune civilisation n’est parfaite, et aucune n’est non plus foncièrement mauvaise, mais toutes comporte la même part d’iniquités » (Lévi Strauss)
- Freud : malaise dans la civilisation : les civilisations mettent tout en œuvre pour limiter l’agressivité. Elles ne peuvent néanmoins le faire sans se réserver le droit d’appliquer une certaine « violence légale » pour leur propre défense (exemple droit pénal –emprisonnement peine de mort- ou usage des armes pendant les guerres.)

A Le jugement d’une civilisation sur une autre est toujours synonyme d’ethnocentrisme, dans la mesure ou tout peuple a tendance à s’affirmer comme la norme de ce que devrait être un idéal de civilisation. La nôtre, qui se pense souvent si raffinée, est sans doute le seul exemple d’une civilisation, qui, sur un seul siècle, a été capable de faire périr dans des guerres barbares prlusde 15 millions de personnes, sans parler des conflit coloniaux qu’elle a initiés.

3/ Si le jugement est impossible, et s’il a néanmoins été tenu dans l’histoire, quelle est sa fonction ?
- Tout peuple a tendance à affirmer que sa culture est meilleure que celle des autres : il affirme ainsi son identité, sa différence, et son existence.
- Ce jugement est un prétexte, un alibi que se donnent les peuples colonisateurs lorsqu’ils s’apprêtent à dominer, exploiter, réduire en esclavage un autre peuple.
o C’est au nom de « la civilisation », du « vrai Dieu » ou du « progrès technique » que les peuples européens ont mis en coupe réglé le monde entier.
A Le jugement de supériorité a une fonction historique, qui ne le justifie certainement pas, mais explique pourquoi il a pu être tenu.
 Conclusion : Le jugement d’une civilisation sur une autre, bien qu’étant à travers l’histoire universellement tenu, n’a aucun fondement éthique. Il constitue donc à la fois une erreur de jugement et une faute morale qui sert d’alibi à d’autres objectifs, plus réels ceux là.

 

20:04 Écrit par Kitishin | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cours, kitishin |  Facebook |

Commentaires

... C'est bon je suis pas trop loin!

Écrit par : kitishin | 13/06/2006

... zzzzzzzz ...... hein koi ? c koi ca ? ....aaaaaaaaaaaaarrrrggghhhhh!

Écrit par : dark-laura | 17/06/2006

... toi auss......................ZZZZZZZZZzzzzzzzzzzzzzZZZZZZZZZZZZ

Écrit par : kitishin | 17/06/2006

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