21/11/2005

hum... une oeuvre a deux...

Atelier d’écriture

Un atelier d’écriture, je me demande à quoi ça ressemble ; créature nouvelle qui s’installe dans notre ville.
J’imagine les lieux. Des visions s’offrent à moi.

Un immense laboratoire, d’un blanc immaculé, où l’on s’acharne sur les mots, on les tronçonne, on les saucissonne, on les malaxe …. Anonymes en blouses blanches qui mettent des gants stériles, les prennent avec des pincettes et les enferment dans des cages. Ils veulent leur faire dire quelque chose, ils tentent désespérément de leur donner un sens. Ils cherchent…. encore…. toujours.

Il y a le petit boui-boui au fond d’une ruelle déserte. Un peu de lumière, un garage. Un peu de poussière et beaucoup de bordel. Au milieu de tout ce capharnaüm, une boîte. On l’ouvre. A l’intérieur : du cambouis. Un neurone clignote dans la masse, ultime trace d’intelligence d’un propriétaire absent.

Chaudron bouillonnant, lumière verdâtre, relents de vieux livres moisis. Contes oubliés, mythes disparus dans les brumes. Sorcières au nez crochu, aux doigts griffus ; elles tracent leurs runes sur de la peau de crapaud séchée. Des signes sensés invoquer des puissances anciennes et inconnues dont la plupart des gens ne soupçonnent même pas l’existence ; ces pouvoirs immenses dont certains permettent de contrôler les gens, et révélés par de simples signes tracés dans un ordre précis, déterminé il y a longtemps.

Etagères austères, océan de caractères patiemment, minutieusement rangés. Horloge immobile ; pas un tic, aucun tac. Lumière tamisée, chaude, comme ces vieilles photographies jaunies par le temps. Bois précieux, odeur de cuir. Silence pesant mais tranquille. Alignement sans fin de livres et de mots qui, tous, ont leur propre histoire. Nostalgie omniprésente, transmise par l’atmosphère du lieu. L’idée du passé, recueillie par ceux que l’on appelle des auteurs. Trace éternelle qui défie peu à peu les années.

Savant fou, tableau noir, équations sans queues ni têtes, complication inutiles, babillages futiles, monologues absurdes, évasifs, sans fin, sans fond. Lumière grinçante suspendue à son ampoule. Idées à profusion dans la tasse de thé. Brouillons griffonnés éparts sur le bureau, les chaises, le sol. Post-its innombrables formant un méli-mélo de sigles confus. Air renfermé saturé de poussière de craie

Etape fatidique ; le couloir me parait interminable. Une lumière au bout du tunnel : « Exit ». Pas à pas, j’avance, les pieds lourds comme du plomb. Intense moment de tensions, mon cœur bat la chamade. Je suis devant la porte. Je tends lentement la main. La poignée luit doucement ; le métal est froid au toucher. Je tire la chevillette et …
Mes illusions s’effondrent ; tant d’univers s’écroulent en cet instant, tous ces espoirs s’enfuient et disparaissent dans le néant.
Ne reste qu’un vide infini.

La porte est fermée.


K-Sama & Kouraï

19:03 Écrit par Kitishin | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

... Zavez le droit de dire si c bien ou pas...

Écrit par : k-sama | 06/12/2005

Les commentaires sont fermés.